Samedi soir, 28 février 2009, 22 heures, dans le port de Sete :
Et bien voilà. Ce n’est pas dix jours qu‘il nous aura fallu pour écrire la conclusion de notre blog, mais bel et bien 8 mois…
Et il nous a fallu l’occasion de renaviguer ce weekend pour la 2ème fois depuis notre retour pour retrouver l’ambiance, nous « remettre dans
le bain », sentir la mer, et écrire ces quelques lignes.
Oui, il nous aura fallu tout ce temps pour digérer ce souvenir, tout en rêvant de repartir.
Mais voilà, la reprise a été plus que douloureuse et pour Jean, et pour moi.
Il a fallu du jour au lendemain se replonger dans nos activités et essayer d’oublier ces 4 mois de rêve.
Plus de paysages grandioses, plus de petites criques idylliques, plus de découvertes, plus de petits ports, plus de traversées, plus de dauphins, plus de
vagues, plus de vent, plus de mer, plus rien…
Un espèce de vide terrible comblé malgré nous par des contraintes, des soucis, des prises de tête qui nous ont donné la mesure de ce que nous avons vécu pendant 4 mois dans une presque totale liberté.
Bon, rassurez vous, on n’est quand même pas à plaindre, et pendant ces 8 mois, nous avons réalisés de beaux projets terriens .
D’abord, on s’est mariés, le 23 aout, belle fête avec la famille et les amis, autour d’un méchoui, dans cette belle maison d’Alès que nous avons ensuite entrepris
de restaurer.
Ensuite, 4 mois de travaux, sous ma direction, avec des entreprises pas toujours à la hauteur, ce qui m’a valu des journées harassantes, des nuits blanches, des
envies de tout envoyer chier, et des regrets de ne plus être en mer.
(Elle a tout fait : architecte, chef de travaux, manœuvre, courses, intendance, peinture, décoration… et moi, le soir, je faisais « l’inspecteur des
travaux finis » Jean).
Justement, à propos des travaux finis, il faut que je dise que Jean est odieux, du genre, après une journée peinture en équilibre sur une échelle tordue pour
peindre les murs de la cuisine (magnifique), il va juste remarquer les 2 centimètres que j’ai oubliés de faire derrière le radiateur… C’est pas odieux ça ? Surtout qu’il ne sait pas peindre
(C’est pas vrai, mais j‘ai horreur de ça)
Et pendant ce temps, Jean bossait comme un malade pour essayer de mettre en place la fusion des cliniques et tout ce qui s’en suit… Et croyez moi, il s’en suit, des
vertes et des pas mures, ce qui fait qu’après avoir vécu pendant 4 mois 24 heures sur 24 ensemble, du jour au lendemain, je l’ai croisé pendant quelques heures la nuit… (ce qu’elle oublie de
dire, c’est qu’en juillet et aout, avec son putain de resto, je la voyais une demi heure au repas du soir, souvent en compagnie des serveurs, et au petit déj, seuls mais dans le
brouillard….).
Inutile de vous dire que le choc a été terrible, et que nous avons eu beaucoup de mal à nous en remettre.
Toutefois, nous ne nous sommes pas ennuyés… Jean rêve dans son bureau en regardant les photos de la croisière qui passent en boucle sur l’écran de veille de son
ordinateur, pendant que je gère le quotidien d’un « jeune couple » en cours d’installation…
Mais ce soir, après une journée de navigation de Port Camargue à Sete, avec un bon vent, une petite houle, un petit soleil, des petits nuages, et tout dessus, on
est vraiment heureux et on a l’impression d’être repartis pour un tour.
Après un bon repas chez Les Demoiselles Dupuy, avec huitres, crevettes, daurade, thon et une bonne bouteille de blanc, on a retrouvé le bateau, les joies du blog (
je dicte et Jean essaye de taper avec ses gros doigts boudinés…). Le vent qui est rentré fait danser le bateau, les drisses du voisin battent sur le mât, le port sent la marée et je crois que
nous allons bien dormir.
Voilà, cette fois c’est fini, fini, fini. Il faudra attendre l’année prochaine, notre croisière dans les Cyclades, à moins que cette année au mois de juin, en
descendant vers la Tunisie, nous fassions quelques écrits pour ne pas perdre la main.
C'est le 8 mars que nous mettrons ce dernier texte sur le blog, un an pile après notre départ.
PS: le retour de Sete, c'était moins top. On se serait cru en Bretagne, ciel bas, bruine incessante, du vent au début mais faiblissant peu à peu pour nous
laisser complèteent en rade à 5 milles de Port Camargue. On a fini au moteur, à 5 noeuds, car l'hélice doit ressembler à un parc à moules !
De la mer, mercredi 25 juin, au large de Beauduc à 22 heures
Nos derniers milles, nos dernières heures, avant d’arriver à Port Camargue, qui vont fermer cette extraordinaire parenthèse de 4 mois en mer.
Parenthèse hors du temps, hors du monde, hors de tout, qui nous aura promenés en Corse, en Italie, en Sicile, en Grèce, au Montenegro, en Croatie et en Sardaigne. Découverte de paysages
grandioses, de gens, de cultures, de mers, de cieux qui nous laisseront des souvenirs inoubliables et qui nous font déjà regretter de ne pas être partis plus longtemps…
Les pauvres, me direz vous, on va les plaindre. Oui, je sais, mais on en a jamais assez. S’il fallait faire un bilan de tout ce que nous avons
vu, entendu, senti, la nuit n’y suffirait pas.
Bon, je vous l’avais déjà dit, et je confirme, nous sommes gravement déprimés.
Surtout que depuis notre départ de Sardaigne, le 15 juin, nous sommes repassés par la Corse ou nous avons, pendant 8 jours, joués à la croisière
pépère, en profitant de tous les endroits magiques que l’on connaissait déjà et en en découvrant d’autres aussi sublimes. De Bonifacio à Calvi, nous avons écumé toute la côte ouest de l’île en
prenant notre temps et en dégustant chaque instant, tout cela sous un soleil de plomb, sans beaucoup de vent le matin, et avec de belles brises l’après midi, qui nous ont fait alterner moteur et
voile.
BONIFACIO, on connaît bien, on adore. L’entrée dans le fjord est toujours un moment magique.
les falaises de Bonifacio et le cap Pertusato
On se prend une place peinard, à côté d’un couple de français sympa sur un Oceanis 423, qui nous prennent les amarres. En plus, il a la
passerelle télescopique dont Jean rêve depuis le début de la croisière, et moi aussi, à plus fortes raison, à cause des passages sportifs que nous avons fait pendant ces 3 mois.
Il est 14 heures, on décompresse tranquille après une traversée au près mais dans des conditions nettement moins musclées que les deux derniers
jours.. On va même se faire une pizza sur le port, pour le plus grand plaisir de Jean qui n’a pas réussi à manger une seule fois une pizza depuis le début de la croisière, même en
Italie….
On a un programme très chargé cet après midi :ménage, courses, lessive, rinçage des cirés qui ont reçu gravement; et c’est à ce moment là
qu’on voit débarquer un premier bateau de loc, bourré d’allemands, suivi d’un autre. Il reste juste une place étroite entre eux et nous, une place très très étroite pouvant seulement contenir un
bateau de 9 à 10 m de long maxi. Et pourtant, on voit débarquer le troisième bateau de la flottille de 6 qui essaye, malgré nos injonctions, de rentrer en force, sous le regard impassible des
gars du port. Les pare battages sont totalement écrasés par cette merde de Bavaria de 12m, tous les bateaux sont décalés par cette merde. Tous les bateaux gueulent et interpellent le gus du port
pour qu’il réagisse enfin. Mais, nenni, les vieilles pétasses du Bavaria veulent absolument rester là , pour être avec leurs copains, en clamant haut et fort q’elles avaient réservé cette
place, le numéro 15. Là quand même, le gus du port se réveille, leur déclare qu’il n’y a pas de place réservée et sous le tollé général, il daigne les obliger à changer de place… d’autant plus
que de l’autre côté du quai, juste en face, il y a au moins 4 places de libre.
Bref, nous avons fait nos petites affaires tout en remarquant que toute cette flottille d’allemands était complètement bourrée à 5 heures de
l’après midi.
Le soir, montée des escaliers de la vielle ville pour retrouver notre petit resto, l’Archivolto, qui étant malheureusement fermé (c’est
dimanche), nous a permis d’en découvrir un autre, très sympa, bon mais assez cher.
Le lendemain midi, dans la baie de MURTOLI, devant la plage d’argent, on a réalisé que nous avions sous les yeux un des plus beaux
paysages de notre périple… Ici, en Corse, tout près de chez nous.
Murtoli, la plage d'argent
Est ce l’émotion, en rangeant l’échelle de bain dans le coqueron arrière, pendant que Jean faisait sa sieste, le capot est retombé lourdement
sur mes deux petits petons, le vérin d’ouverture ayant lâché. Heureusement, rien de cassé mais des douleurs atroces, des hématomes énormes, qui m’ont empêché de marcher pendant 2 jours. Et en
plus, comme vous le savez « les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés » (c’est le cas de le dire), mon skipper préféré qui est occasionnellement médecin a
daigné regarder succinctement mes pieds, m’a collé des médocs qui m‘ont mis dans le gaz pendant deux jours aussi.
Le soir, mouillage à CAMPO MORO, pèlerinage pour Jean, ses parents venaient y faire de la pêche sous marine à la fin des années 50,
pèlerinage pour moi aussi mais d’une autre sorte… car il y a 2 ans, nous avions acheté à l’épicerie du village de la charcuterie et du fromage absolument merveilleux, vendus par un épicier on ne
peut plus commerçant
Puis AJACCIO, ou nous sommes arrivés avec une pluie battante, un ciel tout noir et la ville était méconnaissable. Appelé par radio, le
gus du port nous envoie sur une place pourrie, à côté d’un vieux chalutier désaffecté, sur un quai en béton. Jean rappelle la capitainerie et déclare qu’il a repéré une place sur le ponton en
face… réponse du gus : « ah ben, si elle est libre, prenez là… ». Sans commentaires.
Deux jours à Ajaccio, puisque Jean part à Nîmes mercredi matin pour sa putain de réunion, avion à 7 h, qu’il a (acte manqué) raté en raison d’un
dysfonctionnement des navettes aéroport. Heureusement, il a eu une place sur le vol de 10 h 30. J’ai tant bien que mal arpenté Ajaccio avec mes pieds meurtris pendant 2 jours, en
l’attendant.
A son retour, nous avons assisté à la manœuvre d’arrivée d’un belge stressé, seul sur un Irisoft 40, qui n’avait pas eu notre chance. Arrivé la
veille, on l’a quillé sur le fameux quai en béton, puis aujourd’hui on l’oblige à se déplacer car ils attendent un « rallye » de bousins à moteur (des Grand Banks). Ce pauvre belge se
fait pourrir par des mecs d’une société de location, et il a fallu que Jean se précipite pour prendre ses amarres alors que nous étions 3 bateaux plus loin.
Nous avons ensuite assisté à l’arrivée et au mouillage des Grand Banks, 18 en tout, un spectacle hallucinant : « Nicole, lâche de
la chaîne », « Germaine, remonte de la chaîne », « Georgette, passe le bout » etc… alors que les maris, du haut de leur poste de pilotage surélevé, en short, leur
énorme bide à l’air (style gros dégueulasse selon Reiser) et leur casquette beaucoup trop grande pour leur petit cerveau, hurlent des ordres contradictoires à leur mémère perdue 2 mètres plus
bas, tout en parlementant par radio VHF avec l’organisateur sur le quai qui hurle : « Marcel, mouille là, devant le voilier, puis recule… lâche de la chaîne…. »
Surréaliste, ça a duré 3 heures.
Après ce spectacle gratuit et pour se remonter le moral, on va se faire un petit resto… Encore. Et là, bonne surprise, le Bistrot d’a Côté,
effectivement juste à côté du port. Oui, bonne surprise, parce qu’on y a très bien mangé et bu un excellent vin rouge.
Autre spectacle, l'arrivée dans le port d'Ajaccio d'un couple de veux et sans doute richissimes angalis dont le magnifique yacht était
mouillé dans la baie... Le temps d'aller chercher l'appareil photo et ils avaient débarqué. Mais regardez l'annexe... avec ses deux marins en uniforme, joli canot , la classe
!
On repart le lendemain vers le nord de la Corse et on se fait deux mouillages sympas, dont un désert, que nous adorons et dont nous tairons le
nom… Il est en dehors des guides et toujours très préservé J’y trouve deux magnifiques cailloux que Jean sera obligé de ramener à bord à la nage. Ils étaient tellement gros que j’ai bien cru
qu’il allait couler.
brume et soleil à l'anse Figuera
C’est ainsi que nous sommes repassés à GIROLATA (si vous avez lu le blog depuis le début, c’est là que nous sommes arrivés le 10 mars
après notre traversée sportive, de là aussi que nous étions repartis une heure après pour se protéger du coup de vent annoncé). Girolata, donc, que nous avons vue déserte au
mois de mars et pour cause et que nous avons retrouvée envahie de 144 bouées blanches pour amarrer 72 bateaux en rang d’oignons, comme dans un port (une bouée devant et une derrière), payante
bien sur.
Résultat : une HORREUR qui nous avons fui, mais cette fois pas à cause du vent, pour nous réfugier dans la baie juste à côté, l’anse de
TUARA, sublîme, avec seulement une dizaine de bateaux au mouillage, dont un Mango de merde (un Mango, chantier AMEL, c’est un ketch de grande croisière, moche et reconnaissable à 15 milles, avec
son plastique beigasse, son pare brise, son faux pont teck en vrai plastique, son garde fou en inox qui fait tout le tour, ses enrouleurs de génois et de voile électriques, enfin tout pour faire
de temps en temps de la voile sans se salir les mains en attrapant des drisses, des écoutes, ou autres cordages, le camping car de la mer, donc imaginez le profil du propriétaire…).
Pour en revenir à notre fameux Mango, il faut vous dire que le midi, nous avons mouillé dans une petite crique absolument sublime, FICAJOLA,
dans le golfe de PORTO classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (les calanques de PIANA).
Ficajola, avant l'arrivée du Mango
Il était midi, nous étions 3 bateaux au mouillage, peinards, il faisait très chaud et nous avions nagé jusqu’à la plage, d’où nous avons vu
débarquer le Mango, qui a mouillé à 50 centimètres de notre étrave. Retour à bord en quatrième vitesse, on pouvait presque passer d’un bateau à l’autre sans se mouiller et Monsieur MANGO, avec sa
belle casquette, m’a répondu : « de toute façon, on ne va pas y passer la nuit », ce à quoi j’ai rétorqué « heureusement ». Il a
fallu que Jean remonte de la chaîne pour nous éloigner un peu, ce con n’ayant pas daigné bouger son cul. Nous avons mangé à l’intérieur pour ne pas voir sa bouse. Ne pouvant faire la sieste
tranquillement compte tenu de la proximité des bateaux, on se casse dès que la brise se lève.
Trois heures plus tard, mouillés encore peinards devant la plage de Tuara, qui voit on arriver… le Mango. Et devinez ou il a mouillé alors que
la baie est très large : à côté de nous, mais toutefois plus loin que ce matin. La haine, d’autant plus qu’il a fait tourner son groupe électrogène de 17 à 19 heures (on se demande bien
pourquoi, vu qu’il ne doit marcher qu’au moteur…).
Bon voilà, après les allemands de loc en Croatie, le Mango de Corse…. C’est juste histoire de nous rappeler que bientôt, nous ne serons plus en
mer, mais sur terre, à cotoyer de genre d’individus….
Spectacle au petit matin.... méditation dans l'anse de Tuara... une bonne demi heure
Puis on continue vers le nord, en longeant la réserve de Scandola et en s'arrêtant le midi à Marina d'Elbo, ou le mouillage est aurtorisé
seulement le jour.
L'île de Gargalo - Réserve de Scandola
Marina d'Elbo
e soir, mouillage à côté de CALVI, ou l’on s’arrête le lendemain matin, juste une heure pour faire le fuel et des courses… on n’a presque
plus de vin à bord. On retourne chez notre boucher du mois de mars qui a de la viande fantastique.
Calvi est méconnaissable, tout était en travaux en mars, et maintenant tout est ouvert. On ne prendra même pas un petit café dans notre bistrot
sur le port parce que , devenus complètement sauvages, on n’a qu’une seule hâte, c’est de quitter la civilisation pour aller mouiller quelques milles plus au nord dans la magnifique baie
d’Algajo, d’ou nous partirons dans quelques heures… direction Port Camargue…
Mardi15 heures, la météo annonce du nord ouest pour mercredi soir, il faut partir pour être au plus tard rentrés jeudi.. because marché à
Ganges vendredi aux aurores
Après une après midi et une nuit géniales au bon plein sous gennaker, il a fallu faire appel au moteur le long des côtes françaises. Et lorsque
nous écrivions le blog mercredi soir, au large de Beauduc, nous avons été obligés de nous interrompre, le vent rentrant plein pot, dans le pif, passant de 0 à plus de 25 nœuds en 10 minutes, nous
obligeant à prendre un, puis deux ris, rouler un peu puis beaucoup de génois. Heureusement, nous avions passé le Rhône.
Une heure et demie plus tard, le vent tombe totalement et c’est au moteur qu’on rentre à Port Camargue, à 2heures du mat, dans une nuit
noire.
Voilà, c’est fini….
Dimanche soir, 23 heures, à Sauve… pour ne pas se dépayser, Jean finit de taper le blog sur la terrasse, s’éclairant à la lampe frontale,
cherchant la mer en bas du terrain… Mais ici, la mer est faite uniquement de rochers…
On ne va pas vous raconter l’état dans lequel nous sommes, c’est comme la batterie de la voiture de Jean… A plat….
Donc, on essaiera de faire une dernière page dans une dizaine de jours, pour vous raconter l’histoire d’une reprise d’un
restaurant de plein air et l’histoire d’une reprise d’un médecin, patron d’une clinique, après 4 mois en mer….
De Porto Palma ; dans l’archipel de la Maddalena, au nord de la Sardaigne, samedi 14 juin à 18 heures.
Oui, oui, je sais, on est nuls, on n’a pas blogué depuis Riposto le 5 juin, mais nous avons été très occupés, car les jours étant maintenant
comptés, plus question de petites criques, de mouillages tranquilles et du rythme de croisière que nous avons connu.
Il faut enchaîner. Ce que nous avons donc fait, en quittant Riposto vendredi 6 juin au matin pour refranchir notre cher détroit de
Messine, retrouver avec bonheur ses vents et ses courants contraires, ses ferrys, ses cargos, ses bateaux de pèche, qui croisent dans tous les sens. Il nous aura fallu quelques 7 heures pour y
arriver, à la voile, mais souvent aidés du moteur pour lutter contre les courants. A 17 heures, on respire et on retrouve une mer totalement calme qui nous oblige à mettre le moteur pour arriver
à VULCANO, dans les îles Lipari, à 30 milles de là. Il est 21 h 30 quand on se présente dans le mouillage de Porto Levante, au pied du volcan, dans une nuit noire, avec
déjà beaucoup de bateaux, dont deux n’ont pas de feu de mouillage, et on a quelque peine à trouver un corps mort pour s’amarrer. Peu de choses à dire sur Vulcano, si ce n’est ses eaux soufreuses
et ses boues volcaniques qui font débarquer des hordes de touristes en cure qui espèrent, par cette thérapie de bains, se guérir de tous leurs maux.
Samedi 7 juin au matin, on file sur l’île de Lipari, juste à côté et on mouille pour déjeuner à PORTICELLO, devant ses énormes
montagnes de pierre ponce et dans des eaux turquoise, à leur pied, impressionnant. Puis le soir, mouillage à côté du petit port de Marina Corta à LIPARI, au pied de la
vieille ville. On met le zodiac à l’eau pour aller faire une balade dans cette ville qui fait penser, encore, aux Baléares avec ses maisons aux toits terrasse, ses petites ruelles, sa végétation
luxuriante, etc.
Porticello - île de LIPARI - les anciennes carrières de pierre ponce
Marina Corta - LIPARI - en pleine campagne électorale
Dimanche 8 juin, le temps est moyen, très moyen, pour partir à FILICUDI, une des autres îles éoliennes, 25 milles plus loin. 25
milles au près avec 15 nœuds de vent pour arriver à 15 heures et mouiller devant le village, 3 maisons, dans les eaux noires. Descente à terre pour quelques courses et surtout assister au départ
du dernier hydrofoil qui ramène les gens sur le continent. Un véritable spectacle, surtout qu’à coté, sur le quai, il y a une espèce de bateau de pêche, dans un état inimaginable et ses deux
marins à bord qui sont en train de nettoyer leur filet. Bon là, je ne vais pas faire plus de commentaire mais on va joindre des photos et vous comprendrez aisément ce que je veux dire.
L’hydrofoil étant parti, on a assisté aussi, mais de loin, à l’amarrage d’un ketch anglais de 25 m de long dont j’aurais le grand plaisir de vous parler demain.
Le patron
pêcheur de Filicudi, faisant son show avant le départ du dernier hydrofoil
Matez les
pompes !
Lundi 9 juin, on part de Filicudi à 7 heures, vers USTICA, petite île à l’Ouest des éoliennes, au nord de Palerme. 11 heures de
moteur sans un souffle d’air et sur une mer totalement plate, ce qui nous a permis de voir des dauphins et surtout de prendre des photos.
Arrivés dans ce tout petit port d’Ustica à 18 heures, encombré d'une centaine de petites barcasses, de chalutiers, d’un hydrofoil, de 5 bateaux
de plaisance et ou il reste une seule petite place pour nous…La place restante se situant entre le retour du quai et l’énorme ketch que nous avons vu hier à Filicudi. Pour rentrer dans cette
place, il faut d’abord mouiller et culer à quai de façon précise pour ne pas aborder, ni le quai ni le bateau voisin. Pour ce faire, Jean est le roi de la manœuvre, je suis sur le pont prête à
déborder et déjà, sur le ketch, tout le monde est dehors avec pare battages, de peur qu’on n’effleure leur yacht…Même pas.. J’adore.. Surtout qu’on n‘aura pas le droit à un
bonjour ni à un salut. Jean prétend en avoir eu un… mais pas moi. Pas un bonjour, pas un salut, mais par contre, un regard condescendant et méprisant sur notre pauvre petit bateau de seulement 12
mètres 50, sur ces deux pauvres qui naviguent sans marin (ils en ont deux à bord)… ILS : ce sont grand-père, grand-mère, papa, maman. Bon j’y reviendrais.
En attendant nous sommes accueillis, sur le quai par un vieux pépé local qui nous prend les amarres gentiment. Ce n’est pas l’ormegiattori du
port, simplement le tenancier de la boutique shipchandler, location de scooter, location de matériel de plongée et de tout le bricolage sur le quai. Le genre démerde… qui d’ailleurs nous vendra
pour nous dépanner (le poste de fuel n’ouvre que 3 jours par semaine) 20 litres de gazole récupérés dans sa réserve, hors de prix… mais on est content de les trouver.
Ensuite et sans tarder, on monte au village par deux voléesd’escalier, juste pour nous essouffler. L’endroit est très beau et original, ça nous
change des îles volcaniques des Lipari, même si Ustica l’est aussi. C’est beaucoup plus méditerranéen avec une avalanche de fleurs, toutes géantes, sans compter les plantes en pots qui sont
installées devant chaque maison. Maisons qui sont d’ailleurs toutes ornées de fresques plus ou moins naïves sur des crépis très colorés. Avec les pins parasols et les oliviers, cela fait penser à
la Grèce, même si l’eau ici est noire. On fait donc un petit tour du village sans rien acheter, chose incroyable, se disant qu’on le fera demain matin en prenant notre petit café.
On redescend au bateau, laissant la place du village à son animation… ses gamins qui jouent ses ados qui se baladent, ses adultes qui crient
haut et fort, ses vieux qui se traînent sur leur canne, pour retrouver nos chers voisins… confortablement assis dans leur cockpit, abrités d’une capote, autour d’une petite table en acajou verni,
en train de siroter un drink, le petit doigt en l’air, arborant l’inévitable signe distinctif de la « haute » : la chevalière aux armoiries familiales…J’adooore… Précisons quand
même qu’à 18 heures, heure de notre arrivée, «maman » était déjà avec son verre de blanc… Nous on se contentera d’un pastis très léger et de quelques cacahuètes qu’on prendra, nous aussi,
dans le cockpit, autour de notre pauvre table en teck… et sans être abrités par une énorme capote, ni servis par les marins… Et puis, nous avons assisté au départ de nos chers voisins et de leurs
marins qui vont dîner dans un des restos du village. Pour cela, grand père s’est gauffré dans un pantalon jaune moutarde (beurk), assortie d’une chemise bleu marine (quel
goût). Grand mère quant à elle, s’est affublée d’une robe en lin blanc et a sorti son collier en pierres de verre bleu (on va quand même pas sortir ici, et pour ces misérables, nos diams…) Papa
ne s’est pas mis en grand frais, se contentant de se serrer dans un trop vulgaire bermuda gris et une chemise bleu ciel (mais de toute façon, lui, même sapé comme un pape, je suis sûre qu’il ne
ressemblerait à rien…). Maman, prognathe et blondasse, s'est mouléee dans son jean rose et un chemisier mauve du plus bel effet… Nous avons vu le club des quatre sortir du cockpit pieds nus,
prendre leurs beaux souliers dans un panier en osier destiné à cet effet, avant de franchir la passerelle (eux bien sur ils en ont une… alors que nous, pauvres de nous, sommes obligés de faire de
l’escalade pour atterrir sur le quai) suivis de leurs 2 marins, sapés normalement, couple jeune et plutôt sympathique (les pauvres, ce n’est certainement pas enviable pour des
gens normalement constitues de naviguer avec ces trous du cul). Je les hais. Bref, cela ne nous a pas empêché de dîner dehors avec des pulls, d’une bonne pasta avec tomates fraîches, mozzarella,
basilic et ail.
Mardi 10 juin, lever à 7 heures 30 pour aller faire des courses dans le village. Notre pépé sur le quai nous attend pour nous dire qu’on
doit dégager avant 9 heures car notre emplacement est réservé pour les bateaux de plongée qui doivent arriver. Donc, même pas le temps de prendre un café, juste quelques courses.
On s’en va à 9 h 15, en même temps que nos chers voisins mais juste un peu avant eux. Le vent s’est levé, par le travers, et la manœuvre n’est
pas facile. Bien sur, ils sont tous sur le pont, avec leurs pare battages, moi aussi, toute seule, avec mes petites mains, et je croise maman prognathe, qui elle, les mains jointes, crie
« mama mia, mama mia », morte de trouille à l’idée qu’on aborde leur beau bateau. Même pas effleuré et nous sommes partis comme des rois pour notre traversée sur la Sardaigne,
197 milles en vue. Il fait beau et chaud et sous grand voile et gennaker, avec 6 à 7 nœuds de vent, on passera une journée magique, jusqu’au soir ou malheureusement, le vent tombe et on sera
obligés de mettre le moteur.
coucher de soleil sous le gennaker
Toute la nuit et toute la journée de mercredi au moteur jusqu’à notre arrivée à La CALETTA, à 60 milles de la pointe nord de la
Sardaigne, sous un ciel gris et plombé.
On s’amarre à 18 heures dans ce port bizarre qui a l’air abandonné, sur un ponton municipal ou un mec parlant bien le français et passant par là
nous prend les amarres. On va dans la ville qui est à « Cuges les Pins » pour faire quelques courses sous la pluie, on a même sorti les parapluies. Cet endroit est vraiment bizarre et
ne ressemble à rien. Un peu station balnéaire des années cinquante mais désertée. Il faut dire que le temps n’arrange ni les choses, ni le lieu… On réussit quand même à faire nos courses dans un
supermarket digne de ce nom et dont on avait oublié l’existence depuis le Grèce et la Croatie. Jean n’arrivera même pas à trouver une pizzeria sympa, encore, malgré toutes ses recherches, même
sur Internet, et finalement, on dînera sur le bateau de saltimbocca à la romana accompagnés de riz basmati aux champignons de Paris (sans me donner de gants… excellent).
Jeudi 12, après une bonne nuit, sous un ciel gris et pluvieux encore, nous avons quitté cet endroit étrange vers 9 h 30, avec un vent
plutôt variable qui nous a fait manœuvrer dans tous les sens : gennaker… génois… re gennaker, re génois pour arriver au moteur à midi dans la baie de PORTO BRANDINGHI ou nous avons
mouillé par 4 mètres de fond dans des eaux turquoises. Endroit splendide. Malheureusement, le temps n’était pas à la hauteur de l’endroit, il ne faisait ni assez beau, ni assez chaud pour
succomber à la tentation d’un bain dans ces eaux. Après déjeuner, vers 15 heures, nous sommes partis pour mouiller quelques milles plus loin devant la plage de sable de l’île de TAVOLARA.
Encore splendide, mais il est annoncé un fort coup de vent d’Ouest, d’ou nous sommes mal abrités, pour demain en principe… mais si jamais il devait se lever plus tôt, il nous faudra
dégager.
Vendredi 13 juin, la nuit a été bonne heureusement, mais ce matin dès 7 heures, le vent a commencé à rentrer et à forcir rapidement. On
est partis à 9 heures avec 3 ris dans la grand voile et le foc de route en direction du nord. 35 nœuds de vent par le travers jusqu’au cap Figari, là ça va. Mais passé le cap, on se prend, au
près, 37 nœuds avec des rafales à 41…le pont dans l’eau, la mer blanche, Jean à la barre et moi arc-bouttée sur les winchs pour essayer de me tenir à peu près droite. Un
véritable festival jusqu’à CALA DI VOLPE. Devant la cala, plein de bateaux qui rentrent et qui sortent, beaucoup au moteur, peu à la voile, des rochers, 37 nœuds de vent, la mer toujours
blanche, et le foc de route qui ne veut pas se rouler et fait des pataquès avec ses écoutes… le bonheur. On mouille à 13 heures devant la plage, encore une eau turquoise, une bonne dizaine de
bateaux à côté de nous, une caisse à boulons, et un énorme voilier d’au moins 30 mètres derrière nous. Nous sommes sur la Costa Smeralda, tout près de Port Cervo, le théâtre des milliardaires et
de la jet set qui jouent, en représentation sur la mer, un ballet de cigares et de caisses à boulons, tous plus monstrueux et rutilants les uns que les autres., tout cela pour faire Port Cervo -
Cala di Volpe en 3 minutes et demi et quelques hectolitres de gazole, avant de rentrer à temps pour les soirées mondaines pendant que les marins rincent abondamment le beau joujou à l’eau douce.
Après une petite sieste pour Jean, et une tentative pour moi, on passera notre après midi et notre soirée à surveiller le mouillage, car même ici, on a des rafales à plus de 40 nœuds, c’est vous
dire… de tout repos, Jean a lâché 70 mètres de chaîne pour 7 mètres de fond et ça tient. Le vent mollira quand même après le coucher du soleil ce qui nous permettra de passer une bonne
nuit.
Samedi 14 juin, quand on est partis, à 10 heures et demi, ce matin, le vent, qui en principe et selon les météos françaises et italiennes
devait baisser… , est reparti plein pot. Même voilure et même conditions de temps qu’hier, c’est à dire tout au louvoyage, même mer, pas haute mais courte et hachée. Notre objectif était d’aller
dans le port de Cala Gavetta sur l’île de La Maddalena, mais compte tenu des conditions, de la petitesse du port et des difficultés pour y rentrer même par beau temps, nous avons préféré nous
arrêter quelques milles avant dans la baie de PORTO PALMA sur l‘île de CAPRERA, où nous sommes mouillés, seuls, d’ou nous écrivons le blog à cette heure présente, alors que le vent souffle
encore à plus de 35 nœuds à l’abri. Donc, vous avez une idée du tableau et comme il n’a pas l’air de vouloir baisser, ce salaud, j’ai l’impression que notre nuit sera mouvementée.
On vous racontera la prochaine fois et ce sera sans doute un des derniers épisodes de ce blog. On prévoit quand même une dernière
page, 8 jours après notre retour, pour vous raconter LA REPRISE !!!
Bon, alors nous sommes vraiment complètement déprimés, à un point que vous ne pouvez même pas imaginer. Non seulement déprimés, mais tristes,
abattus, et sans aucune énergie….
Nous avons terminé notre séjour en Croatie par la découverte de l’île de VIS ou nous sommes restés deux jours, un à Luka Vis, l’autre à
Komiza.
C’est à notre avis une des plus belles îles que nous avons découvertes, du moins la plus authentique, la moins massacrée et la moins
touristique. Environnement vierge, belles maisons en pierre blonde, rues pavées toujours avec la même pierre, de vrais commerces, de vrais gens, des jardins superbes avec des palmiers royaux aux
fûts impressionnants, bref. Une vraie perle préservée parce ce qu’interdite aux touristes jusqu’en 1992, l’île étant le siège de la marine yougoslave. C’était aussi l’île d’ou Tito a coordonné la
résistance pendant la seconde guerre mondiale.
Vis
le marché au poisson, à Vis
un pêcheur enfourchant son VTT à Vis
Et puis, dans le port de Komiza, nous avons fait une rencontre absolument surréaliste. Pour tous ceux de ma génération, vous vous souvenez certainement de vos mères
se faisant faire chez leur coiffeur préféré des "mise en plis",vce qui veut dire, pour ceux qui ne savent pas, la tête chargée de bigoudis pour mettre les cheveux en forme... Ce qui veut
dire aussi, qu'au final, avec une véritable choucroute sur la tête.
Pour en revenir à notre rencontre surréaliste, ce n'est pas une femme "mise en plitée" que nous avons vu, mais bel et bien un bateau de pêchou choucrouté à souhait
avec toutes ses nasses à langoustes empilées, échafaudées, sur son bord.
Hallucinant, mais authentique, comme le petit vieux devant son café au bistrot du port.
le bateau "bigoudis" à Komiza (VIS)
le petit vieux au café de Komiza (VIS)
Ca n’a pas arrangé notre moral, on serait bien resté un ou deux jours de plus, mais mon skipper ayant passé des heures sur son écran à étudier
des fichiers météo, a décrété qu’il fallait partir pour bénéficier des vents portants.
Komiza (Vis)
Komiza (Vis)
Et donc le 31 mai, la mort dans l’âme, nous avons quitté la Croatie pour Syracuse, en Sicile, 450 milles, 3 jours et 3 nuits en mer, avec
du bon vent portant, sauf la dernière nuit au moteur (car pétole).
Et là, vraiment, c’était un grand moment, tous seuls, au milieu de la mer, sans repères, simplement un banc de plus d’une centaine de dauphins,
venus de l’arrière par petits groupes, bondissant de vague en vague pour nous rattraper et finalement jouer avec l’étrave du bateau. Spectacle inouï qui a duré plus d’une heure, fascinant au
point d’en oublier presque l’apéro…. Mais rassurez vous, pas le dîner.
Des dauphins, on en reverra à plusieurs reprises, mais par contre nous avons eu la chance de voir une immense raie sauter tout près du bateau,
et aussi, mais ça moins gai, un requin traçant dans la mer d’huile. En plus nous avons eu notre lot de cargos, de ferrys, et de péchous, inévitable dans une traversée.
Nous sommes arrivés à SYRACUSE mardi 3 juin à 9 heures, 450 milles avec une moyenne de 6,3 nœuds, et sans forcer. Navigation cool, on
était pas vraiment pressés d’arriver, d’ailleurs le spi et le gennaker sont restés dans leur sac.
Amarrage dans la marina, juste au pied de la vieille ville. bIen crevés, nous avons quand même résisté à l’appel de la couchette pour prendre
une bonne douche, un bon café et partir de suite faire le marché.
Ah, comme c’est bizarre de se retrouver tout à coup dans une vraie ville, avec des routes goudronnées, des voitures, des scooters, des bruits,
la rumeur, des gens qui parlent haut et fort, qui gesticulent, des klaxons, des sirènes, des cris, des harangues dans la rue, et surtout, surtout, la saleté et la crasse qu’on avait complètement
oubliés, tant la Croatie est propre. Changement d’ambiance pour ce marché ou tous les marchands nous interpellent en gueulant, contribuant ainsi à nous déboussoler un peu plus. On achète quand
même de beaux légumes et pour une fois, du beau poisson très abordable.
S’ensuit une petite balade dans les ruelles et rapidement une pause bistrot sur la magnifique place du Duomo pour reposer nos jambes qui
n’arrivent plus à nous porter. De là, d’ailleurs et sans peine, on peut admirer tous les édifices baroques, plus beaux les uns que les autres, qui entourent cette place.
Piazza del
duomo - Syracuse
Retour au bateau, déjeuner de petits calamars achetés au marché, suivi d’une énorme sieste, pour repartir vers 18 heures marcher, encore et
encore, dans toute la vieille ville. Est ce la fatigue, est ce le dépaysement, est ce notre moral en berne, on arrive pas à jouir complètement de cet endroit, pas dans l’ambiance.
Ou sont nos petites îles, nos criques sauvages et silencieuses, même si elles n’étaient pas désertes ? Loin, déjà trop loin !
Mais pour ne pas trahir la réputation de croisière gastronomique, sous les injonctions de Jean, on se fera quand même un
petit resto abrité par les palmiers, sur une petite place charmante. Les pasta aux sardines étaient excellentes.
A 21 h 30, on tombe dans la couchette, littéralement épuisés d’avoir trop marché et trop mangé.
Demain matin, réveil à 6 heures car nous avons décidé de partir sur Malte bien que la météo ne soit pas top, 80 milles à faire.
Le 4 juin, nous sommes donc partis, effectivement à 7 h 30, sous un soleil de plomb, déjà, sans un pet d’air et au moteur, tout ça
jusqu’au Cap Passero, pointe Sud Est de la Sicile, 20 milles plus loin. Quand tout à coup, le vent est rentré, la mer s’est déchaînée et on s’est retrouvés au près avec encore 60 milles à faire.
Là c’était pas top.
On a quand même tenu une heure et demi à se faire brasser comme des malades jusqu’au moment ou Jean a pris la sage décision de faire demi tour.
Nous aurions pu passer jusqu’à Malte, bien sur, mais ensuite se posait le problème de la traversée Malte-Sardaigne, plus de 300 milles, et les prévisions météo annoncent la persistance d’un
courant de nord ouest fort dans le détroit de Sicile.
Compte tenu des impératifs de Jean (réunion le 18 juin à Nîmes), on ne peut pas attendre une fenêtre météo favorable. On passera donc à nouveau
par le détroit de Messine, puis par la mer thyrénienne.
Pour l’instant, retour vers Syracuse, au portant cette fois et ça va mieux, sauf que la mer est toujours grosse et que le pilote automatique se
met à déconner en se déconnectant, le bateau part en vrac. Assise à peu près confortablement dans le carré, j'ai vu Jean tout à coup se lever, se précipiter vers la barre pour éviter
l'empannage. Je l'ai vu essayer de retenir l'écoute de grand voile. Et je ne l'ai plus vu, au moment ou la grand voile, inévitablement, passait d'un bord sur l'autre avec une violence inouïe,
l'horreur! Et puis je l'ai revu, aplati sur le pont … la peur de ma vie car j’ai vraiment cru qu’il était passé à l’eau. Il aura dans la bagarre récupéré un bleu sur le bras et perdu ses
lunettes de soleil. (Si moi j'étais bleu, sur le bras, elle était livide et toute tremblante, ma skipette... Jean)
En fait, la raison de la déconnexion du pilote est toute simple. Quand la batterie de la télécommande sans fil est vide, une faible alarme retentit et le pilote se débranche instantanément…
débile et dangereux. On va écrire au fabricant (Raymarine).
Remis de nos émotions, on poursuit notre route mais le ciel sent l’orage, le vent baisse, tourne, et repart ; on se reprend plus de 20
nœuds dans le nez.
C’est à ne rien y comprendre, d’ailleurs, on ne cherche plus, on subit, stoïques, et on assume cette journée de merde: lever tôt, 10 heures de
nav, 65 milles pour rien, une paire de lunettes à la baille et en plus la skipette a perdu une dent en croquant dans son sandwich (rassurez vous, ce n’est pas une dent de devant et son
sourire est intact … Jean).
On retrouve donc Syracuse avec quelques gouttes de pluie, mais cette fois, on mouille au calme, au fond de la baie, avec une vue magnifique sur
la ville.
Syracuse, vu
du mouillage
Après une excellente nuit, mais sans voir pu faire de fuel (le réservoir est presque vide), on repart vers le nord. Pas un pet d’air et donc au
moteur.
Temps gris, de la houle, notre moral à zéro, on va se taper 7 heures au moteur pour arriver à la marina de RIPOSTO, au pied de l'Etna, ou l’on
trouve du fuel, ouf, il ne restait plus que onze litres dans le réservoir qui en contient cent cinquante… Accueil charmant et efficace.
On va faire quelques courses dans cette ville désuète, authentique, absolument pas touristique, pas belle, mais non sans charme. On se croirait
revenus en 1950. On a repéré les halles du marché et dès demain matin à l’aube, nos y serons pour faire provision de bons produits pour plusieurs jours puisque notre prochaine étape sera, en
principe, dans les îles éoliennes. Mais rien n‘étant jamais sur en mer, on en reparlera la prochaine fois.
C’est fini pour ce soir, Jean n’aura pas la pizza dont il rêve depuis si longtemps, mais des côtes de porc au soja et nouilles chinoises. Et en
plus, il se plaint, comme toujours !
Oui, oui, oui, je sais, ça fait onze jours qu’on n’a pas blogué. Mais on n’a pas eu le temps.
Dix jours avec Hélène et Philippe ne nous ont pas laissés un seul instant pour écrire, trop occupés que nous étions par les apéros, les déjeuners, les dîners, les bavardages, les baignades, et
quand même, quelques navigations…
Avec eux, Nous avons donc quitté Split sans regrets, le va et vient des ferrys, les bateaux de loc, la marina mal protégée, avec un bon vent dans le pif comme d’habitude pour le baptême d’Hélène
qui heureusement s’était patchée (SCOPODERM).
Après une première journée à Brac, puis une deuxième à Solta (île juste au Nord de Brac), nous avons tracé vers les Kornati, en s’arrêtant une nuit à Kakan, superbe mouillage forain, et une nuit à
Murter pour prendre les tickets d’entrée dans le parc des Kornati. Tout cela avec beaucoup de vent, mais cette fois au portant.
Les Kornati : 148 confettis éparpillés sur 35 km de long et 15 de large, dans le bleu outremer de l’Adriatique, au nord de Split. Un désert minéral, 148 îlets, îlots, îles de pierre sèche
irisés d’une herbe rase, brodés de murets linéaires morcelant les propriétés pour enclore les moutons, inhabités sauf par quelques pécheurs agriculteurs habitant sur Murter qui viennent relever
leurs filets et récolter leurs olives quelques jours par an, peuplés d’oiseaux.
Paysage presque lunaire, si ce n’est de ci de là quelques pins solitaires et quelques vergers d’oliviers. Un monde étrange et hors de tout : hors du temps, hors du monde, et presque hors de
mer.
Au milieu de toutes ces îles, le parc de Telascica, sur l’île de Dugi Otok, fjord de 6 km de long, réserve naturelle, où nous avons mouillé dans un endroit splendide, fait une longue balade (6km
aller retour), dans des chemins ressemblant étrangement à ceux des Cévennes, jusqu’au village de Sali ou Jean a encore trouvé un vieux camion de pompiers (toujours son côté gamin) !
D’ailleurs, c’est bizarre, parce que je trouve que la Croatie, par beaucoup de côtés, ressemble étrangement aux Cévennes. Malheureusement, nous, en Cévennes, nous n’avons pas la mer à nos
pieds.
Donc, quatre jours passés dans les Kornati, avec quand même un « arrêt buffet » chez Darko, célèbre pêcheur local qui tient un fameux restaurant de poissons, où nous avons mangé un Saint Pierre
grillé fantastique…
le départ des pêcheurs - île de Zut (Kornati)
Ciel d'orage sur les Kornati
Puis, nous avons quitté les Kornati pour Sibenik, où Hélène et Philippe ont repris un bus pour l’aéroport de Split. Une nuit à Sibenik, belle petite ville dans un fjord, encore, avec un très
beau marché, de belles maisons, et un beau château.
Sibenik et son fjord, vus du
chateau
Hier matin, tous les deux, nous sommes partis à Trogir, la plus belle des petites villes, un véritable bijou., mais très touristique. C’est au coin de chaque ruelle des trésors
d’architecture, fenêtres, portes, linteaux, colonnes, arcades, chapiteaux, une concentration de merveilles.
Trogir
Ce matin, grand ménage à bord, intérieur et extérieur. On récupère la lessive donnée hier, miraculeusement, à
la laverie de la marina… il était temps. Encore un petit marché, superbe et sous un soleil de plomb et un calme plat, on quitte Trogir au moteur en direction de Brac, non sans avoir assisté au
départ périlleux de voisins français bcbg, bourges, XVIème, parisiens évidemment dont le prétendu skipper suffisant, à force de grands coups de marche arrière-marche avant, a fini par encadrer le
bateau d’en face. Heureusement qu’il n‘y avait pas de vent. Imaginez la tronche consternée de mon skipper préféré, le pare battage à la main pour parer à un éventuel abordage intempestif…
A 14 heures, mouillage déjeuner et bain devant une belle plage juste à côté de Supetar, sur la côte Nord de Brac, étonnamment désertée par les bateaux de loc. Ca nous va très bien, vous vous en
doutez !
Et le vent rentre miraculeusement, on repart vers de nouvelles aventures, au près serré bien évidemment, mais avec une mer plate, c’est un régal de tirer des bords jusqu’à Uvala Luka, le mouillage
désert dont on rêvait depuis deux jours. Seule ombre au tableau pour Jean, on n’ira pas dîner chez Pipo, célèbre pour les agneaux qu’il élève derrière son resto… nous avons quelques poissons qui ne
peuvent attendre.
Voilà, c’est tout pour cette fois. C’est de plus en plus court, mais il faut vous habituer, nous avons commencé notre descente, non pas en enfer, mais vers le sud de l’Italie, signe de retour
prochain et par conséquent de déprime assurée. On est déjà très triste, plus que deux jours en Croatie, et après si la météo le permet nous allons tracer direct vers Syracuse, en Sicile. 450
milles, mais pour nous donner du courage, Jean a déjà repéré un super resto de poisson, sur l’île de Vis, notre dernière étape croate.
Vous avez compris, ce n’est pas une croisière de navigation que nous faisons, mais bel et bien une croisière gastronomique. Le retour va être très très dur quand Jean montera sur la balance pour
peser son gras gras… (Note du skipper en chef, encore pour quelques minutes : ok pour la croisière gastronomique, mais je préfère et de loin la cuisine de ma skipette à celle des restos
croates…. Et quand à mon gras gras, je suis persuadé qu’il a fondu comme le lard au soleil )
Moi, j’en doute !
On est fatigués, épuisés, éreintés. Non, non, non, pas parce que vous croyez ! On est fatigués, blasés, de voir tant de petites criques aux eaux turquoises,
frangées de strates de calcaires, chapeautés par des pins d’Alep qui tombent dans la mer, fatigués. Fatigués de découvrir des petits ports charmants. Fatigués par le soleil et par le vent… Quelle
insolence !
Et pourtant, c’est la vérité vraie.
Uvala Gradina sur
KORCULA
Eaux cristallines dans le port de Hvar
Un seul point noir, et de taille, de plus en plus de bateaux sur l’eau (loc) bourrés d’allemands braillards et enivrés , et on est rarement seuls pour jouir
tranquillement de ces merveilles.
Bon, alors depuis vendredi dernier, nous avons sillonné les îles de Lastovo, Korcula, Scedro, les Pakleni, Hvar. Tellement de choses qu’on ne sait plus ou on
est.
Pour vous raconter en détail, c’est difficile. Simplement, il faut vous imaginer qu’on part le matin après avoir pris notre traditionnel petit café, faire quelques
milles à la voile le plus souvent ou au moteur quand le vent fait défaut, mouiller dans une petite crique idyllique pour déjeuner, ensuite on prend un bain dans les eaux toujours froides, on fait
une petite sieste , on repart pour quelques milles pour arriver dans la soirée ou dans un petit port, ou dans un antre mouillage, s’ensuit une balade dans la ville (balade avec un l, car
depuis le début du blog, sans doute influencés par les odes, on a écrit balade avec deux l, comme une chanson !), de quelques courses si nécessaire, d’un apéro à bord et éventuellement d’un
restaurant recommandé par le Routard.
A ce propos, nous avons testé le restaurant de L’empereur, (c’est ainsi qu’il se surnomme) Lucullus à Hvar, classé dans les trente meilleures tables de Croatie et
qui a notre avis ne mérite pas cette place. Un chef qui n’est pas derrière ses fourneaux et qui fait son cinéma devant ses clients. 150 kilos revêtus d’une djellaba blanche à capuchon, nouée d’un
cordon rouge, qui n’arrive pas à dissimuler son tee shit rayé rouge et blanc, taille XXXXL, son jean et encore moins ses baskets pourraves. Coiffé de sa toque en biais, mal rasé, le verre à la
main, il vends et il vante sa cuisine très cher ! Sans vouloir me donner de gants, je fais largement aussi bien, même Jean est d’accord avec moi. Il faut dire que Hvar est le Saint Tropez
croate et qu’il est de bon ton de s’afficher dans de tels endroits. Pour nous, uns fois suffit et on ne nous y reprendra pas.
A Hvar, quand même, on a fait un petit marché absolument sublime avec de vrais gens vendant leur récolte. Des petits pois sucrés, des salades craquantes, des
haricots verts fondants, des pousses d’épinard tendres, des petites carottes superbes, des œufs avec leurs plumes et des maquereaux sortant de l’eau. (Et après on dira que c’est moi qui ne
pense qu’à bouffe … Jean )
Hvar - la place Saint Etienne et le petit bassin des pécheurs
le marché de Hvar
Une vieille dentellière devant le marché de Hvar
Bon, rien de plus marquant, sauf le petit port de Stari Grad sur la côte Nord de Hvar, au fond d’un fjord absolument merveilleux. Une succession de petites
places le long du quai, des maisons médiévales magnifiques, simples, de grandes demeures baroques, une belle église, un centaine de petits bateaux de pêche. Ambiance très calme, paisible. On
aurait envie d’y vivre…
le port de Stari Grad sur l'île de Hvar
Ce soir, on est à Split et ça nous fait chier, pace qu’en fait on est devenus complètement sauvages et qu’on ne supporte plus le va et vient des ferrys
débarquant des containers de touristes. On ne supporte plus le voisinage dans les marinas et si ce n’était l’arrivée de nos amis ce soir, nous serions déjà repartis. Pourtant la ville est
superbe, complètement différente de Dubrovnik, avec le palais de Dioclétien dont l’intérieur est occupé par des maisons moyennageuses, des palais Renaissance. Trop de monde, la télé hurle sur la
caisse à boulons d’en face (une caisse à boulons, c’est selon la sœur de Jean, Catherine, un énorme cabin cruiser !), on préfère nos mouillages solitaires dans les petites criques.
D’autant plus que ce soir, c’est vendredi… Ce qui veut dire, charter day … retour des bateaux de loc qui vont repartir avec d’autres teutons (il n’y a que çà) dès
demain !
A propos des bateaux de loc, puisqu’il n’y a que ça sur l’eau, quelques moyens de les reconnaître: toutes voiles dehors quand il n’y a pas de vent, au delà
de 6 nœuds de vent au moteur, les pare battages toujours à poste, entrée dans les ports à fond la caisse, amarrage en catastrophe sans rien de prêt (aussières, gaffes… sauf les pare
battages !), grand coups de moteur en avant et en arrière, grands coups de propulseurs d’étrave (ils en ont tous, on comprend pourquoi) dans tous les sens… et ainsi de suite.
Règle de base dans le ports : attendre que les places tribord et babord soient prises avant de quitter le bateau…. C’est plus sur.
Et quand, hier soir à Stari grad, un couple de vieux hollandais sur un trawler (bateau à moteur de grande croisière) arrive dans la soirée avec
un bon vent latéral, les empafés des bateaux voisins ne bougent pas leur gros cul de leur cockpit… et qui c’est qui se précipite pour prendre leurs amarres… tonton Jean ! Pourtant nous
étions 4 bateaux plus loin.
Bon, voilà, c’est tout pour ce soir. Nos copains arrivent. Ils vont déguster car la météo n’est pas terribles pour les deux jours à venir :
30 nœuds de Sud Est annoncés, Hélène à le mal de mer… va peut être falloir changer le programme, on avait prévu de descendre sur Brac… au sud est ! On vous racontera tout cela la semaine
prochaine.
Alors, ça vous a manqué, 10 jours sans blog ! Faut dire que, si on a beaucoup mouillé notre ancre, notre encre a beaucoup séché pendant ce temps, le séjour des Palu en étant la cause (Mireille, ma
sœur et Jacques son mari). Jeudi 1er mai, de Ston à Dubrovnik
Du vent, dans le nez bien sur alors qu’on redescend vers le sud. 18 bords avec pas mal de changements de voiles pour arriver à Dubrovnik.
La marina est située à 6 km de la ville au fond de l’embouchure d’un fleuve, dans un cadre superbe.
Marina censée nous offrir tous les services qu’on attendait (laverie, supermarché, fuel, voilerie), mais tout ça est fermé…
Vendredi 2 mai, Dubrovnik :
On récupère les Palu complètement décalqués, car partis de Nantes à 4 h du mat.
On leur laisse à peine le temps de vider leur sac et on prend le bus, direction la vieille ville. Envahie de touristes de toutes nationalités, avec beaucoup de français pas très « classieux », mais
ils n’arrivent pas à gâcher le charme et l’ambiance de la Perle de l’Adriatique, vraiment une splendeur.
Place du Stradun
Toits vus des remparts
Ereintés et crevés par la marche dans les ruelles et le tour des remparts sous un soleil de plomb, on s’est lamentablement effondrés, à 18 h, à la terrasse d’un resto (Lokanda Peskarija) sur le
vieux port) (faut dire que j‘avais grand faim, les trois goélands ayant tout mangé ce midi, ne me laissant que des miettes…) pour faire un excellent dîner de poisson, avec des calamars frits
grandioses.
Reprise du bus et à 21 h, tout le monde au lit.
Samedi 3 mai : De Dubrovnik à Saplunara (Ile de MLJET)
Sur l‘insistance de Jean, notre frigo étant désert, on reprend le bus pour aller faire le marché sur le port de Gruz (port de commerce). Absolument génial, des maraîchers aux tronches pas
possibles, des légumes de potager, des fleurs, des fruits, des poissons, des fruits de mer, on a envie de tout acheter et,du reste, on a acheté quelques kilos… Chargés comme des mules, on rentre à
bord, sans avoir dérogé à la tradition du petit café, le bistrot est au centre du marché.
le marché de Gruz
On quitte la marina à 11 h 45 et on tire quelques bords dans une gentille brise jusqu’à Uvala Lopud, histoire de mettre Mimi en conditions (elle est sujette au mal de mer) et de faire une pause
repas.
A 15 h, on repart, et là, c’est une autre paire de manches. On se prend 25 nœuds réels de vent dans la gueule, avec des rafales à plus de 30, et la mer qui va avec… C’est un véritable baptème pour
la mère Palu. Et dire qu’on avait prévu de la ménager, tout au moins le premier jour !. Et ben, elle a bien tenu le choc, même pas un petit vomi, même pas
une nausée, selon ses mots. Impeccable.
les nanas dans la brafougne
24 milles, quelques ris et quelques bord plus tard, on se quille dans l’anse de Saplunara, au sud de Mljet. Superbe
baie, avec une belle plage sous les pins.
On est tout seuls avec deux bateaux de pêche mouillés à l’autre bout de l’anse et une petite barcasse qui vient s’amarrer juste à côté de nous. A bord, papa et maman (60 ans bien tassés), fiston
(la bonne quarantaine). Pendant qu’on déguste une coupe de champagne pour arroser le baptème de Mimi, accompagnéesde grosses crevettes roses achetées ce matin, nos sympathiques voisins vident leurs
poissons, cuisinent, dînent et lavent leur vaisselle dans la mer. Puis ils repartent pêcher.
Soirée magnifique, bonne nuit, et le lendemain matin, on retrouve nos trois compères dans leur petit canot avec une toute petite cabine, en train de prendre le petit dej. Conclusion, ils ont dormis
à bord… Incroyable mais vrai, leur canot mesure à tout casser 5 m de long…
Dimanche 4 mai : MLJET
Quant à nous, après notre premier petit déj dehors depuis le début, on repart vers la côte Nord de Mljet. On explore plusieurs mouillages superbes avant de s’arrêter manger à Prozura.
Et là, après le repas, on se baigne !!!! L’eau est très très fraîche mais faut dire que le repas était bien arrosé et que depuis l’arrivées des Palu, on a repris le rythme des deux apéros
quotidiens pour le plus grand plaisir de Jean qui soigne ses bourrelets. C’était quand même divin et dégrisant pour nous les filles, les garçons ayant fait plouf plouf deux secondes avant de se
réchauffer les coucougnettes à la douche chaude dans le cockpit.
Encore un ptit coup de blanc, avant le bain
Pour finir de se réchauffer, louvoyage dans 20 nœuds de vent pour arriver à Luka Pollace, au Nord de l’île, dans un dédale de petits îlots boisés. Encore un superbe mouillage presque entièrement
fermé, quelques bateaux sur les quais devant les restaurants, mais loin de nous qui avons choisi de mouiller au fond.
Dîner : côtes de bœuf et petites pommes de terre sautées pour le plus grand plaisir de Jean.
Lundi 5 mai : de MLJET à Lumbarda (île de KORCULA)
Nuit très calme, mise à l’eau du Zodiac et on part à terre.
3 km de ballade dans le parc naturel de Mljet pour arriver au bord du lac Veliko Jezero.
Le lac Veliko Jezero, sur Mljet
On prend un promène couillons, avec un wagon de français pour aller visiter le monastère bénédictin Sv Marija, sur un îlot. Magnifique église romane du XIIème,
mais le cloître est fermé pour travaux.
Encore 3 km à pied pour retrouver Kristel qui nous attend sagement.
On repart. Encore du près, dans 12 à 16 noeuds de vent. Un connard en Sun Odissey 45 qui remontait au moteur décide d’envoyer ses voiles juste devant nous et nous oblige à nous détourner. Il veut
régater… Monsieur toute puissance (Jean) s’excite sur les winches, les écoutes, les drisses, la barre… Tout y passe, mais est ce le bateau ou les réglages… toujours est il que le connard, qu’on a
copieusement insulté au passage, est semé..
Mouillage dans le port de Lumbarda sur l’île de KORCULA, en face de la marina… Pas très beau pour une fois, bicoques horribles, pas de charme, mais on y passera quand même la nuit
Mardi 6 mai : Korcula
Il pleut puis ça se dégage. Pas de vent, on part au moteur au travers des petites îles, splendides, qui bordent Korcula.
Passage devant la vieille ville pour aller mouiller un peu plus loin, pour le repas.
Korcula vu de mer
On assiste à une leçon de pêche donnée par une vieille autochtone, assise sur un bout de quai, avec une petite ligne de rien du tout qui ramène un poisson
toutes les trois minutes. Impressionnant. Retour à Korcula et amarrage dans la marina, au pied de la ville.
Ballade dans ce mini Dubrovnik, aussi beau et beaucoup moins touristique. Ville construite sur un promontoire avec de petites ruelles descendant vers la promenade circulaire, belles maisons, dont
celle, en ruines, ou serait né Marco Polo.
Apéro à bord en assistant aux manœuvres téméraires des bateaux de loc qui entrent dans le port en nombre et à fond la caisse, alors qu’il y a très peu de place pour manœuvrer. Repas en ville, pas
terrible !
Puis on essaye de s’endormir en écoutant brailler les allemands du bateau voisin. Sympa, les marinas ! Mercredi 7 mai : De Korcula à Sipanska Luka
C’est déjà mercredi et il faut penser a redescendre vers Dubrovnik car les Palu repartent vendredi matin.
On fera les 55 milles en deux étapes en s’arrêtant à Sipanska Luka (île de SIPAN) que nous voulons leur montrer, nous avons adoré ce mouillage. Avant de partir, petit tour au marché, presque désert, puis je coupe les cheveux de Jacques, sur le quai ! Spectacle assuré pour la marina aux premières loges, juste
avant d’assister au manège d’un couple de russes, déguisé en capitaines, qui se photographient devant la ville.
Spectacle sur le quai de la marina de Korcula
34 milles sous le soleil, avec un arrêt dans la pétole totale pour déjeuner avant de repartir au portant, pour finir au bon plein avec deux ris et un demi génois, à près de 9 nœuds de vitesse.
On a vous a déjà raconté Sipanska Luka. Rien n’avait changé sauf qu’il faisait beau et qu’une bétonnière nous a ambiancé le périmètre jusqu’à 20 heures, avec une séance de nettoyage au karcher qui
a duré une bonne heure, juste pendant l’apéro.
Avant cela, pendant notre ballade dans le village, l’autre voilier, anglais, a donné pour la crique un concert de cornemuse… Hallucinant !
Mouillage à Sipanska Luka
Jeudi 8 mai : de Sipan à Dubrovnik
Navigation au moteur jusqu'au joli village de Sudurad, au sud de l’île.
Mouillage en face du port, ballade dans le village, puis repas. On assiste à la valse des bateaux de promenade ainsi qu’à l’arrivée d’une flottille de loc, rentrant à fond la caisse pour tenter
d’être le premier à trouver une place entre le ferry et les promène couillons, sur un tout petit bout de quai.
On repart, au portant vers Dubrovnik sous un soleil de plomb. On tente de trouver une place dans le port de Gruz, mais vu le boucan ambiant et le trafic de la route, on retourne à la marina.
On termine le séjour avec les Palu comme on l’avait commencé, c’est à dire, bus, Dubrovnik et notre resto de poisson, à pleine plus tard que la dernière fois.
Retour à bord, on est bien cassés. Demain matin, lever 6 h 30, on se couche comme les poules. Réveil prématuré par des teutons voisins (8 vieux sur un bateau de 13 m), encore, complètement bourrés
qui ont fait la fête toute la nuit. Seul Jean ne les a pas entendus, est ce le vin blanc ? A 16 heures, sur leur bateau, ils bouffaient des saucisses avec de la mayonnaise et du pain, à 20 heures,
on les a vus à la terrasse d’un bar de la ville, s’arsouillant à la bière !
Vendredi 9 mai : de Dubrovnik à Lastovo
On reprend le bus aux aurores, jusqu’à Gruz ou on abandonne les Palu à regret. C’était bien trop court !
Dans deux ans, ils viennent nous rejoindre en Grèce, dans les Cyclades, pendant 15 jours. Oui, j’oubliais, Jean a décidé de reprendre 4 mois dans 2 ans, mais ne le dites pas à la clinique !.
En attendant, on se refait un petit marché, toujours aussi beau, un petit café et on rentre à bord.
Départ à 9 heures 30, pour Lastovo, une île située à 60 milles, à l’ouest de Korcula. Temps superbe, chaud, pas de vent, un peu de voile et beaucoup de moteur, bronzage en maillot pour la première
fois.
Et voilà, on est mouillés au fond de Skrivena Luka (le port caché) qui porte bien son nom. Port naturel totalement fermé, splendide, dont l’entrée est totalement invisible du large.
L’apéro se termine, les côtes de bœuf vont arriver, encore, mais cette fois avec des haricots verts… Jean a fait trop d’excès pendant le séjour des Palu !
Mercredi 30 avril, de STON ( CROATIE), à 50 km au nord de Dubrovnik
Quand on vous a quitté la dernière fois, nous étions sur la petite île de Stradioti, dans
les Bouches de Kotor, au Montenegro.
Pendant 3 jours, nous avons fait tout le tour des 6 baies qui forment les Bouches, et nous avons été moyennement emballés, contrairement à tous les guides qui les vantent comme une septième
merveille du monde. Bof !
Certes, le site est parfois grandiose, cerné par des montagnes à plus de 1700 m qui tombent à pic dans la mer.
Coucher de soleil sur ND du Récif
Certes, le village de PERAST, avec ses maisons en pierre et ses quelques palais en ruine ou reconstruits, est resté authentique et très beau. En face de ce village, deux petits îlots artificiels
(construits avec les pierres qui ont servi à couler des navires de pirates) qui abritent l’un une abbaye, l’autre un monastère (Notre Dame du Récif).
Perast
Abbaye en face de Perast
Certes, la petite ville de KOTOR, avec ses remparts qui courent sur la montagne, avec encore, là aussi, ses belles maisons et ses beaux palais, est assez
agréable, mais envahie de touristes, de boutiques, de cafés, de restos à n’en plus finir.
Ca c’est le bon côté !!! Parce qu’il faut vraiment fermer les yeux sur les énormes cargos rouillés, les navires de guerre destroyés, les zones de mouillage et de navigation interdites, les eaux
glauques et verdâtres, les constructions horribles en dehors de Perast et de Kotor.
Sans oublier le côté oppressant de ce lieu, on ne voit jamais l‘horizon. On a l’impression de naviguer sur un lac, les vents catabatiques tombent des montagnes sans prévenir et tournent dans tous
les sens.
Le dimanche 27 avril, nous quittons sans regrets les Bouches pour retrouver LA MER LIBRE !
Pas mal de vent, dans le nez bien sur, pour faire les 25 milles qui nous amènent à CAVTAT, en CROATIE.
Bel endroit, étonnant, qui ressemble à un petit bout de Côte d’Azur des années 50, avec sa végétation de pins, cyprès, palmiers, oliviers, orangers, citronniers, etc. De belles maisons en pierre,
un quai très animé et vivant, pas mal de bateaux, deux belles églises, un cimetière fantastique sur un promontoire qui domine la mer, avec une vue superbe. Donc, beaucoup de charme.
Le port de Cavtat
On est accueillis par la police puis par le capitaine du port, un dimanche après midi, pour faire notre entrée en Croatie. Un homme adorable, d’une soixantaine
d’années, au regard très doux, qui a l’air terriblement gêne par l’intrusion d’un trou du cul pompeux local qui nous passe devant sans même nous adresser la parole, pour faire ses papiers. Nous
l’avions déjà remarqué à Kotor, sur son magnifique First 50, mât et bôme carbone, voiles de choc, avec la tenue vestimentaire ad hoc. Il doit être vert, car alors que nous tirions des bords dans 25
nœuds de vent, il était au moteur le nez dans la plume, mais on est quand même arrivés avant lui !
Après notre belle ballade, retour sur le bateau et on retrouve notre trou du cul pompeux qui cette fois a une langue pour nous dire que nous serions mieux au mouillage, plutôt qu’amarrés contre le
quai. Il est vrai qu’il y a pas mal de clapot qui rentre dans la baie, mais nous savons que le vent et la mer vont se calmer avec la nuit.
En attendant que ça se calme, sur les instances de Jean, nous allons au resto, recommandé par le gus du port et par le guide du Routard. Il faut d’abord dire que Jean a retiré dans un DAB quelques
milliers de kunas, la monnaie locale, pour payer le permis de navigation, le port, et… le restaurant. Heureusement nous avions 10% de réduction car envoyés par le gus du port, parce que l’addition
fut plutôt salée ! On s’est fait avoir comme des bleus en prenant du poisson frais (du saint Pierre), vendu au kilo. Si je pratiquais de tels prix dans mon resto, je serais milliardaire…
Cela dit, on a fait un excellent repas qui ne nous a pas empêchés de dormir comme des loirs, sans vent et bercés par une petite houle résiduelle.
Lundi 28 avril, on quitte CAVTAT en direction des ELAPHITES, archipel de treize îles dont trois seulement sont habitées, juste au nord de DUBROVNIK.
Dubrovnik, ce sera pour jeudi car les Palu (ma sœur et mon beau-frère) arrivent vendredi matin. Nous tirons encore des bords dans un bon vent, en passant sous les remparts de Dubrovnik.
On se régale, le spectacle est superbe, la mer est plate, le bateau marche comme une flèche… Mais là, on se fait quand même doubler par … le trou du cul pompeux en First 50, toujours au moteur et
qui met les gaz pour passer devant nous sans avoir à nous laisser la priorité ! Quel con !
Pause repas dans la petite île de KOLOCEP, puis on file sur LOPUD, l’île suivante, où l’on mouille dans une superbe baie sauvage, UVALA SUNJ, ressemblant à certaines criques de Corse. Tout
seul.
Pour dix minutes, car arrivent, un puis deux bateaux de loc, avec des gros porcs d’allemands, gras et roses, gueulant comme des putois en essayant d’immerger leur graisse dans l’eau à 16 degrés.
Quelle horreur ! Heureusement, comme Jean l’avait prévu, ils repartent vers un port qui pourra leur fournir la ration de bière et de frites bien grasses indispensable à leur survie.
Nous, on se contentera ce soir d’un petit ouzo suivi de côtes de bœuf avec du chou pointu, une bonne bouteille de rouge et tout cela, à la chandelle.
Mardi 29 avril: de Lopud à Sipan
On passe une bonne nuit, mais on est réveillé à 7 heures par le vent qui a tourné et la mer qui rentre dans la baie. A peine le temps de prendre le petit dej. qu’il y a 20 nœuds de vent. Il faut
partir vite avant de se retrouver sur la plage !
On s’arrête au nord de LOPUD, dans la baie protégée qui abrite le village mais on ne descend pas à terre, on prend notre café à bord.
On repart, au portant, sous génois seul, vers l’île de SIPAN, quelques milles au nord. On finit au louvoyage serré pour rentrer dans le fjord au fond duquel se niche le magnifique village de
SIPANSKA LUKA.
Mouillage à 12 h 30 au milieu de la baie, déjeuner, il commence à pleuvoir. Donc une bonne sieste pour moi, pendant que Jean bouquine. Il pleut toujours, on reste à bord en espérant que demain
matin, on pourra descendre à terre.
Le soir, au moment du repas, on est aux premières loges d’un concert de négro spirituals donné par une quinzaine de locaux, pense t’on, débarqués par le promène couillon à 19 heures et mangeant
dans le seul resto du port. Surréaliste, on a eu droit à tout le répertoire des classiques du genre, jusqu’au moment ou remontés sur le bateau, ils ont quitté le port, toujours en chantant.
Tout cela se passait pendant que Jean était aux fourneaux… pour la première fois en deux mois, il avait décidé de préparer le repas de ce soir. Il s’y est pris longtemps à l’avance, méthodiquement,
scrupuleusement, pendant que tranquillement je bouquinais. Les rôles inversés, quel bonheur. Cela aide à lui faire prendre conscience ce que cela représente de faire à manger et de faire la
vaisselle deux fois par jour. Le résultat était excellent : aiguillettes de dinde à la crème et aux champignons (en boite) avec riz cuit à point. Je n’ai même pas fait la vaisselle. Un vrai
bonheur. Maintenant, s’il faut que j’attende encore deux mois avant que cela se reproduise, on sera rentré…
Mercredi 30 avril :De Sipanska Luka à Ston
Les dieux nous ont entendus, il fait beau. Après une nuit calme, on n’a même pas entendu le ferry partir, on met le zodiac à l’eau, et à la rame on fait les 50 m qui nous séparent du quai. Bel
effort de Jean !
Ballade dans le village, étonnant, paisible, hors du temps, avec de belles maisons, un grand jardin de palmiers, d’acacias en fleurs et de phytosporums magnifiques le long du quai. Pas de rues, 3
voitures et des brouettes pleines de bouteilles de gaz orange. C’est jour de livraison !
Une toute petite épicerie avec deux vieux sur le pas de la porte, trois bistrots et un resto. Petit café en regardant les gamins jouer dans le parc. Quelle tranquillité !
On part à 11 heures, toujours au portant et sous génois seul, en direction de STON, sur le continent Un fjord long de 5 milles, avec les 2 derniers dans un chenal étroit et mal balisé, dont on
n’est pas sur qu’il soit dragué. On avance à 2 nœuds, le moteur au point mort, poussé par le vent et le courant, angoissant !
Le port de Ston, c’est juste un petit quai en pierre long de 50 m, sous la muraille de Chine. La montagne au-dessus de STON est cheminée d’un rempart édifié au XVème siècle par les Vénitiens sur 5
km de longueur. Les plus longues fortification d’Europe, paraît-il.
Un petit bout de la muraille de Ston
En s’amarrant au quai, on trouve un gus sans âge, débarquant d’un vieux vélo, avec une veste en tweed, un pantalon qui ne ressemble à rien, des baskets pourries, des culs de bouteille devant les
yeux, une vague sacoche autour de la taille. Il commence, en croate, à nous donner des conseils d’amarrage dont on ne tient pas compte, le prenant pour un péquenot du coin passant par là, heureux
de voir un bateau pour le divertir.
Quand on l’a vu extirper de sa vieille sacoche un petit carnet à souche, on a réalisé que c’était le « gus » du port ! Remplissage de papiers et extirpation de 120 kunas (18 euros) sans eau ni
électricité.
Le plus étonnant est que, lors de l’arrivée des deux bateaux suivants (il n’y a pas de place pour plus), il a débarqué dans la minute… Soit il habite en face du port, mais il n’y a pas grand chose,
soit il a un agent le long du canal !
En regardant la note de plus près, je constate qu’on est le 9ème bateau de l’année. Trois bateaux le même jour, il ne va pas s’en remettre !
Sans tarder, avec nos petites chaussures de marche, on part explorer le village et on franchit l’isthme qui relie Ston à sa sœur jumelle, Mali Ston, 2 kms plus loin, sur un autre bras de mer
enserrant la péninsule de Peljesac.
Encore un lieu étrange, entouré de parcs à huîtres, alors que Ston est entouré de marais salants. De belles maisons en pierre, de beaux jardins, des petites venelles et des maisons crépies qui
elles sont criblées d’impacts de balles datant du dernier conflit (91-95). La Bosnie est toute proche. Ca fait vraiment un drôle d’effet. En repartant vers Ston, on passe devant un monument aux
morts, édifié en 2000. Le monde est fou !
Mali Ston
Il est 22 h 30, encore une fois, sur l’insistance de Jean nous sommes allés manger au restaurant, encore un recommandé par le Routard, mais cette fois, rien à
dire, repas excellent à un prix plus que correct.
La grappa offerte à la fin du repas n’aide pas Jean à taper sur son clavier ! Il fait encore plus de fautes que d’habitude. Et ça ne l’aide pas on plus à retrouver sa ligne de jeune homme qu’il
n’est plus depuis bien longtemps !
Le vent n’est pas tombé. On va se coucher en se préparant à un long louvoyage, demain, pour regagner Dubrovnik et accueillir les Palu.
Note de Jean : Anne va se coucher, pendant que moi, le pôvre, je sélectionne les photos et je mets tout ce foutu machin en ligne.
Par ailleurs, je commence une étude photographique des véhicules croates. Voir la page dédiée.
Mercredi 23 avril – des Bouches de Kotor – MONTENEGRO Au sud de la Croatie
Nous avons donc quitté la Grèce lundi matin, non sans regrets, surtout après Paxos et Corfou, où nous avons fait 2 étapes, une dans le Sud de l’île, et une autre à Corfou ville ou nous avons loué
une voiture pour visiter l’intérieur de l’île dans sa partie Nord Sur le plan navigation, toujours le même scénario avec des vents toujours instables, nous obligeant à manœuvrer sans cesse, ce qui
permet à Jean d’éliminer un tout petit peu ses abus et excès alimentaires (et liquidiens) quotidiens…. Malheureusement, cela ne sera pas suffisant pour lui faire perdre les kilos qu’il a repris !!!
(çà c’est Anne qui le dit, moi je me sens tout maigre !!!)
Jeudi 17 avril : de Lakka (PAXOS) à Petriti (CORFOU)
Petriti, au sud de Corfou, tout petit port de pèche, n’a rien d‘extraordinaire : des constructions sans charme, des tavernas dont 2 ouvertes (miracle), et des bars. De plus, une flottille de
7 bateaux de loc avec de jeunes anglais bruyants et bientôt éméchés à force de bières est venu troubler la quiétude de ce mouillage. En effet, nous avons préféré rester au mouillage, juste en face
de la jetée du port. Bien nous en a pris, au début du moins !!!!
Nous sommes allés découvrir l’ancien village de Petriti, à une bonne demi heure de marche en côte raide, abandonné depuis le tremblement de terre. Les 3 vieilles veuves noires, sans âge,
rencontrées nous ont regardé comme des martiens. Elles sont parmi les rares habitants qui n’ont pas quitté le village, totalement isolé.
Après ce grand effort sportif, nous sommes redescendus à travers des forêts d’oliviers millénaires, immenses, et nous sommes allés nous désaltérer au bar du port, avec un ouzo bien tassé. Puis
dîner dans la taverna de la plage, devant le bateau, ou pour la première fois nous avons mangé des dorades grillées excellentes. Retour à bord pour se préparer à une bonne nuit bien méritée.
Malheureusement, la nuit fut courte et blanche. A 1 h du mat, la valse des diverses alarmes commence. D’abord celle de mouillage, nous avons tourné autour de notre ancre dans un grain, puis celle
du baro qui se casse la gueule de manière inquiétante. Et cela, toutes les heures, régulièrement, jusqu’à 6 h 30 du mat. Dégouttés et complètement dans le gaz, on lève l‘ancre à 8 heures, direction
Corfou.
Vendredi 18 avril : de Petriti à Corfou.
Malgré la chute magistrale du baro, il n’y a pas un pet d’air et il fait beau. C’est à n’y rien comprendre ! Navigation au moteur, hélas. On en profite pour aller voir de près le monastère de
Blachernes, situé sur un petit îlot juste avant Corfou. C’est l’emblème de l’île, mais c’est plus beau en carte postale qu’en réalité. La carte postale oublie l’environnement d’hôtels monstrueux et
immondes qui défigurent le site.
Monastère de Blachernes
Puis on longe la ville, superbe, et on traverse la baie de Corfou pour arriver à la marina de Gouvia, 3 milles au Nord. Marina moderne dans un superbe site qui servit d’arsenal aux galères
romaines. Grand luxe, eau et électricité sur le ponton, laverie, shipchandler, bars et restaurants, loueur de voiture (fermé mais avec un numéro de tel sur la porte).
Samedi 19 avril : Corfou
9 heures, miracle, la voiture réservée la veille est là et le linge est propre ! A l’attaque de Corfou, avec nos petits pieds et nos longues jambes (contrairement aux grecques qui ont le « cul bas
») !
On a donc marché dans les ruelles, dans tous les quartiers, avec des touristes de toutes nationalités descendus du paquebot pour envahir la ville pendant quelques heures, avant de repartir et nous
foutre la paix, pour que l’on puisse vivre au rythme des corfiotes qui déambulent sur le Liston, pomponnés, sapés, bijoutés, permanentés, laqués, maquillés, pour prendre leur petit jus à la
terrasse d’un des nombreux cafés. Le Liston, boulevard à arcades identiques à celles de la rue de Rivoli à Paris, et construites du temps de l’occupation française (entre 1808 et 1814, par le même
architecte, De Lesseps, père de Ferdinand, créateur du canal de Suez), tient son nom de la liste de notables établie qui étaient seuls autorisés à s’y promener.
Le Liston - Corfou
Café, nous avons dégotté le notre, le plus ancien, le plus typique, avec des serveurs costumés de vert, tirant sur leur clope entre deux clients. L’ouzo y est excellent, et servi avec des mézzés,
pour le plus grand plaisir de Jean car ils comportent des frites !!!
La ville historique est vraiment superbe, pleine de charme, alliant toutes les cultures et tous les genres, les hôtels particuliers XVIIIème, les petites maisons, tout cela imbriqué dans un dédale
de venelles, avec pour couronner le tout l’esplanade gazonnée qui sert de terrain de cricket, devant le Liston, sans oublier les deux forteresses vénitiennes.
Après une journée entière dans la ville, entrecoupée par 2 ouzos et 2 tavernas pas terribles, on rentre à bord, épuisés.
N’oublions pas le boulanger dont la boutique est juste en face de la taverna ou nous avons mangé à midi. A 13 h 40, il se prépare à fermer. Le défilé des clients commence alors, sans discontinuer.
On est partis à 14 h 30, il était toujours ouvert !
Dimanche 20 avril :
On repart pour de nouvelles aventures, avec notre C3 de luxe, pour affronter la partie nord et l’intérieur de l’île. Passage par deux petits villages dans la montage, dont un assez beau, puis
attaque du mont Pantokrator, 907 m, point culminant de l’île, sur lequel se trouve un monastère. Après quelques égarements, on découvre le monastère … planté au milieu exactement d’un champ
d’antennes monstrueuses. Quel massacre, c’est complètement surréaliste. On y trouve un pope qui nous remet à chacun deux croix de jonc...
Entrée du monatère - Pantokrator
Pour ne pas reprendre la même route et pour redescendre sur la côte, on emprunte une piste. Quel mal nous a pris ! Est que ce sont les croix du pope ? On fera 11 km en 2 heures, dans la caillasse,
à 2 à l’heure en serrant les fesses. J’ai même été obligée de dépierrer devant la voiture par 2 fois. Une horreur. En plus, on n’en voyait jamais le bout, on ne savait absolument pas ou on était,
ni nous on allait, ni combien de temps ça aller durer. L’angoisse, surtout qu’il était presque 14 heures et que Jean avait les crocs ! Mais la vue en valait la peine.
Quand, enfin , nous avons retrouvé le beau macadam bien lisse, même si la route était étroite et sinueuse, c’était un véritable bonheur. Et nous nous sommes arrêtés dans la première taverna trouvée
sur le bord de la route, avec une terrasse côté mer superbe.
Après un bon repas, on reprend notre fringant destrier et on explore les magnifiques criques de la côte est (Kalami ou Lawrence Durrel a vécu et écrit, et Kouloura) puis les massacres urbanistiques
de toute la côte nord, en particulier Sidari , à gerber alors que les sites sont splendides.
Pour terminer, on prend des petites routes vers Paleokastrtitsa, sur la côte ouest. Au détour d’un virage, on se fait prendre en otage par une vieille qui veut nous vendre sa production : miel
amandes, huile d’olive et vin. Jean craque pour le vin, qui ressemble plus à du jus de raisin, délicieux. La descente sur Paleokastritsa révèle des vues magnifiques.
En bas, c’est moins beau, toujours à cause de l’urbanisation, excepté le monastère du XIIème, qui cette fois est planté sur un promontoire vierge surplombant la mer. Une splendeur intérieure et
extérieure. Là, c’est vraiment le paradis et, pour un peu, ça donnerait envie d’être pope !!! (il faut vraiment que ça soit beau).
Bon, on ne va pas rentrer à bord comme ça… un petit ouzo sur le Liston s’impose, mais je refuse la taverna malgré l’ insistance de Jean.
Lundi 21 et mardi 22 avril : de Corfou à Budva (MONTENEGRO)
On avait décidé de faire une dernière étape sur la petite île d’Othoni, au Nord de Corfou, mais la météo en a décidé autrement. En effet, des vents contraires sont annoncés dans 48 heures et on n’a
pas du tout envie de passer la canal d’Otrante (entre l’Italie et l’Albanie) au près, c’est un passage difficile.
Donc cap sur le Montenegro. 180 milles en 27 heures, 12 heures de moteur, et le reste au portant mais avec des manœuvres incessantes, le vent passant de 25 à 8 nœuds.
Nuit presque blanche, avec une frayeur pour moi, quand à une heure du mat, j’entends de ma couchette un bruit de moteur qui n’était pas le notre. Je me lève en catastrophe pour apercevoir Jean à la
barre, je sors dans le cockpit pour découvrir cette fois un cargo frôler notre nez en faisant teuf teuf teuf. Surréaliste, nuit noire, mer belle, je suis à poil et Jean se marre. J’ai l’impression
d’être dans un décor de cinéma style Remorque avec Jean Gabin. Je vois avec soulagement le bateau fantôme s’éloigner et à ce moment là, Jean me dit qu’il s’est détourné, heureusement.
A part ça, rien à signaler, nous sommes arrivés dans le port de BUDVA à 14 heures pour y faire nos formalités d’entrée au Montenegro… mais ce n’est plus un port d’entrée, malgré mention dans notre
guide nautique de 2006 et dans le site officiel du Montenegro…. Allez savoir pourquoi, dans le guide il est mentionné que le capitaine était difficile à trouver après le déjeuner. En est ce la
cause ? Il faut aller à Bar, 15 milles plus au Sud…. On est passé devant, merde ! Jean parlemente avec l’officier et lui extirpe l’autorisation de rester jusqu’à demain matin.
Cela étant fait, on déjeune, je fais une bonne sieste pendant que Jean va acheter le pavillon du Montenegro puis on va faire une ballade dans la ville fortifiée, assez belle mais austère et usine à
touristes. En dehors de ses remparts et hormis un beau parc le long de la baie, le reste est absolument sans intérêt et laid.
Budva
On retrouve le bateau avec bonheur pour dîner et se coucher comme les poules à 9 heures, heure française, car encore une fois nous avons changé d’heure.
Mercredi 23 avril : de Budva aux Bouches de Kotor (MONTENEGRO)
Ce matin, il pleut, c’est gris, c’est triste. On prend quand même un café dans un bistrot sur le port avant de partir. Equipés de nos cirés, on quitte sans regrets cet endroit sans charme.
Mais on ne va pas à Bar, j’ai tanné Jean pour aller directement dans les Bouches de Kotor ou se trouve un autre port d’entrée, mais normalement, venant de Grèce nous devrions faire nos formalités
dans le port le plus au Sud, Bar.
Une grosse houle, du vent pendant une heure puis moteur. On arrive dans les bouches et on s’amarre à 13 heures 30.
Les Bouches de Kotor
Zelenika, port d’entrée, un quai en béton de 200 m de long, avec d’énormes défenses en caoutchouc pour les cargos, un grillage dissuasif, un Algeco pour le bureau de la police et deux hangars
immondes derrière le grillage. C’est pas gai. On se met à table, et le policier de service arrive…. Jean part faire les formalités et je lui laisse la parole :
« D‘abord, bureau de la police, un mec et une nana sympas, remise des passeports et de la liste d’équipage. Puis capitainerie : un bâtiment délabré, avec des moquettes élimées, des canapés
défoncés, des peintures écaillées. Une nana sympa, parlant, elle, parfaitement l’anglais, c’est la première fois au Montenegro. Remise de tous les documents, et il en faut… J’avais tout préparé,
heureusement.
Vingt minutes et quelques tampons plus tard, je ressors victorieux avec un livret d’une dizaine de pages, le fameux Permis de navigation, valable UN MOIS.
Le marathon n’est pas terminé, il faut passer à la douane….Un mec et 3 nanas, des tampons et des tampons, il tamponne la liste d’équipage, l’agrafe sur le fameux Permis et retamponne sur les
agrafes : Un vrai cérémonial.
Dernière étape, retour à la Police ou me sont restitués les passeports, après quelques tampons supplémentaires..
Au total, il a fallu 40 minutes, 3 bureaux, 4 exemplaires de la liste d’équipage (heureusement, on n’est que deux à bord), 95 euros, et une bonne quinzaine de tampons. Et nous sommes le 25ème
bateau depuis le début de l’année.
N’oublions pas, il faut y repasser avant de quitter le pays ! Ah ! l’administration des ex pays communistes… n’en déplaise à ceux qui le sont encore !
Et quand je pense qu’on râle après nos fonctionnaires. C’est juré, en rentrant, je vais faire la bise à la postière de Sauve. »
Bref, on est enfin en règle et on va mouiller dans une crique qu’on espère non interdite, sur une petite île magnifique, Stradioti, ayant abrité un camp de
vacances avec des paillotes, mais maintenant complètement abandonné, destroy. Ca ressemble à Beyrouth mais l’environnement est superbe, si on ne regarde pas en face ou les constructions sont encore
plus moches qu’en Grèce.
Kristel amarré à Stradioti
Bon voilà, il est 21 h 30, les saucisses aux lentilles (lentilles de Cilaos- La Réunion) sont prêtes. On vous laisse.
Il faut d’abord vous dire que plus on avance dans la croisière et plus ça devient difficile de bloguer. Gagnés par la torpeur et
la langueur de ces îles; notre état est proche de celui des légumes sur un étal de marché en plein cagnard…. C’est à dire ramollis et déshydratés, non pas par manque de résiné ou d’ouzo (loin
s’en faut) mais peut être par manque d‘eau qui est rare dans ce pays, et encore plus dans nos verres.
Nous réussissons quand même à naviguer par petites étapes, en manœuvrant tant bien que mal dans les vents et les courants qui sont
toujours capricieux.
Vendredi 11 avril : Port Atheni – Kastos – Kalamos
Depuis le mouillage de Port Atheni sur l’île de Meganisi, nous sommes allés déjeuner dans le petit port de l’île de Kastos,
village fantôme, avec un bout de quai défoncé, 4 maisons dont 2 en ruines, et 2 tavernas, fermées bien sur. Bel endroit, mais d’un autre monde.
Après déjeuner, petite navigation jusqu’à l’île de Kalamos, juste au dessus, pour s’amarrer dans l’unique port et village de cette
île.
Kalamos : quelques maisons autour du port, un vrai village perché juste au dessus, avec 3 bars sur la même place ombragée
d’érables, proche de l’église. D’ailleurs, le pope semble avoir fait de l’un des bars sa résidence secondaire. Une école perchée sur un cap avec 5 enfants jouant dans la cour. Des parfums de
fleur d’oranger, de jasmin et de genêts dans les ruelles. Plein de mini market ouverts dont un sur le port, absolument incroyable : on pouvait y trouver tout ce qu’on voulait et même plus,
de l’épicerie à la quincaillerie en passant par la cave à vins et le dépôt de peinture, de gaz. Mais toujours pas de taverna ouverte…. Donc je me colle encore aux fourneaux !
Samedi 12 avril : Kalamos – Ormos Abelike (Meganisi)
Beaucoup de vent, temps gris. On fait le tour de Kalamos puis on retourne chercher un abri sur Meganisi et l’on mouille dans Ormos
Abelike, juste à côté de Port Atheni. Baie magnifique qui présente 4 belles criques où on est bien protégés, malgré 30 nœuds de NW.
Dimanche 13 avril : O Abelike – Levkas
Départ matinal, 7 heures, sans moi qui reste dans ma couchette pendant une demi heure supplémentaire.
Pas de vent, moteur ; on est partis tôt pour passer le chenal de Levkas (3 milles de long et 20 m de large) entre l’île et le
continent, au milieu des marais salants et des lagunes. C’est encore un autre monde , l’heure matinale aidant il n’y a ni bruit, ni personne, que des oiseaux, un ciel gris et bas et on ne sait
plus tout à coup où l’on est.
3 milles plus loin, on débouche sur une marina flambant neuve à Levkas ville, où le « gus » du port nous attend pour
nous donner une place, prendre nos amarres et nous passer la pendille. On retrouve la civilisation… l’eau douce et l‘électricité, une laverie… le luxe. On pense que tout sera fermé parce que nous
sommes dimanche, mais bizarrement, à part les commerces de bouffe, tout est ouvert et ça grouille dans tous les sens. Ville étonnante, reconstruite de bric et de broc, avec forces tôles ondulées,
après le tremblement de terre de 1953. Mais la tôle ondulée est peinte de toutes les couleurs et cela a un charme fou.
Là, les tavernas sont toutes ouvertes, on en fera deux dans la journée… et le soir, abusant du vin blanc local, le retour à bord
nous paraîtra bien long (surtout à Jean qui avait passé l’après midi dans le coffre arrière pour tenter, en vain de brancher le combiné extérieur de la radio VHF, pendant que patiemment et avec
mes petites mains je faisais l’ourlet de son jean neuf)
Lundi 14 avril : Levkas
Pas beau, pluie et vent… On en profite pour faire des courses dans le quartier commerçant de la ville qui ressemble étrangement à
certaines rues d’Istanbul, y compris la circulation. Et en plus, il y a un shipchandler ou Jean va encore faire des folies… Du coup, matelotage l’après midi : épissure d’une aussière pour
rallonger la chaîne d’ancre, indispensable compte tenu de la profondeur des mouillages.
Le soir, malgré l’insistance de Jean, je refuse de retourner en ville à la recherche d’une nouvelle taverna, il pleut des
cordes...
Départ à 8 h 30 car il faut franchir le pont passerelle qui ouvre à l’heure ronde, afin de retrouver l’eau libre, direction le
nord.
Impressionnant, on est le seul bateau par chance, car le passage ne fait que 5 m de large, à tout casser. Heureusement, il n’y a
pas de vent et peu de courant. Nous voilà libres, malgré la houle de NW.
Du prés, cela nous changera !!!! On a 30 milles à faire pour arriver à Paxos.
Passage devant Anti Paxos, où on ne s’arrête pas car il n‘y a que 3 mouillages de beau temps, non abrités de ce
vent.
Arrivée à 14 h 30 dans la baie de Mongonisi, au Sud de l’île de Paxos, enfin ! On déjeune dans cette baie fermée, boisée de
cyprès et d’oliviers, un délice pour les yeux .
Une heure plus tard, on lève l’ancre en direction de Gayos, le principal port de Paxos. Et là, la merveille des merveilles !
Un long chenal entre 2 îles boisées et un village adorable, authentique. Mouillage cul à quai à côté d’un italien.
On fait le tour du village, splendide, mais tout est fermé.
Repas à bord et on ressort pour une promenade digestive, et tout est ouvert (sauf les tavernas)… On fait nos courses à 22
heures !
Mercredi 16 avril : Gayos – Longos – Lakka (Paxos)
Il fait beau. Petit café dans le bistrot local, à côté du pope qui n’a pas l‘air de sucer de la glace….
On sort de Gayos et on est cueillis par 18 nœuds de NW, en plein dans le pif. Un ris dans la GV et un génois à demi roulé et on
tire des bords le long de la côte est de Paxos, en faisant gaffe aux cailloux, nombreux et non balisés.
Pause déjeuner devant le minuscule port de Longos, sublime, mais on n’ira pas à terre.
On repart dans un vent forcissant et on tire encore des bords jusqu’à l’entrée de la baie de Lakka, tout au Nord de Paxos. Alors
là, c’est vraiment la carte postale de rêve, on ne peut pas imaginer ! Les fonds sablonneux rendent l’eau turquoise, les collines qui encerclent totalement la baie sont couverts d’oliviers
millénaires. C’est le paradis.
Grande ballade dans les petits sentiers autour de la baie. On a repéré la maison de nos rèves, sur le cap dominant l’entrée de la
baie, avec une vue magnifique sur Corfou, notre prochaine étape.
Bon, il est 20 h 30 et Jean vient de repérer sur le quai les lumières d’une taverna qui pourrait être ouverte. On vous laisse,
sans illusion pour moi, et préventivement je prépare un gratin de fenouil.
Et elle avait raison; la seule taverne ouverte est moche et il y à la télé dans la minuscule salle... Le gratin de fenouil, avec du porc au soja, c'était sans
doute nettement meilleur (Jean)
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